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A l’instar des entreprises et institutions, les états en général et ceux  africains en particulier doivent de nos jours prendre conscience de l’importance de la fonction communication dans leur développement, l’aspiration des dirigeants étant avant tout de construire une société cohérente dans la paix et la stabilité.

 Depuis des années, la communication a servi d’outil commercial et politique. Aujourd’hui, elle est résolument mise au service du développement des nations et prend à partir de ce moment une dimension irrévocablement humaine. En tant que telle, comment  concevoir le facteur communication pour en faire un réel outil de développement ? En se basant sur sa dimension humaine, par quelle approche l’intégrer efficacement aux différents programmes et projets de développement ? Enfin quel rôle joue la communication dans le développement de la démocratie ?

 D’un point de vue totalement humain, la communication consiste en une intervention délibérée pour accompagner de manière visible l’évolution économique et sociale des nations. Lorsqu’une stratégie de développement est basée sur les méthodes et les instruments de la communication tout en s’appuyant sur les valeurs traditionnelles d’une société, elle peut efficacement servir les populations en les aidant à capitaliser les nouveaux enjeux, à s’y adapter et à acquérir des compétences et connaissance nécessaires à ces enjeux. Il est cependant totalement contre-productif de se servir de la communication uniquement pour diffuser de nouveaux messages sociaux à de très vastes audiences pour estimer qu’elle est au service du développement.

Preuve a été faite de l’utilité de la communication dans nombre de programmes et projet de développement. Mais pour atteindre les objectifs à travers une bonne utilisation des outils et méthodes de la communication, l’expérience a démontré qu’un certain nombre de conditions  doivent obligatoirement être réunies.

Depuis 50 ans, les conditions du développement n’ont cessé de changer. On évoquait à juste titre les conditions économiques et la réduction des inégalités sociales. De nos jours, il est indéniable que le rôle de la communication a pris une grande importance, c'est-à-dire celle de la cohésion d’une société. Le développement suppose le sentiment d’appartenir tous au même projet, avec pas trop de distances entre les riches et les pauvres, les urbains et les ruraux, les vieux et les jeunes… Pas de développement sans un minimum de cohésion sociale et culturelle. L’idée d’égalité s’incarne aujourd’hui aussi dans la réalité d’un espace de communication national.

La communication au service du développement est donc un domaine spécialisé et si les compétences n'existent pas localement, il faut s'adresser aux pays voisins, aux institutions internationales et aux programmes d’aide. Dans tous les cas, la communication au service du développement doit être conçue comme un secteur transversal, au même titre que les activités d'information, d'éducation et de planification. Elle concernera tous les secteurs où la participation populaire est indispensable - agriculture, élevage, forêts, environnement, pêches, démographie, femmes, santé, nutrition, etc. La communication comme outil de développement est d’abord le résultat d’une volonté politique pour un développement économique et social harmonieux des nations. Les conditions du développement d’une nation de façon générale sont d’ordre économique, social, politique et communicationnel.

La communication est donc le second facteur commun du développement après le facteur humain. En résumé, si le développement peut être comparé au tissage d'une étoffe par des millions d'êtres humains, le fil de la communication peut en tisser durablement la trame.

Comment intégrer alors efficacement la communication aux vrais projets de développement pour obtenir des résultats appréciables avec un impact très positif sur les différentes couches de la société ?

 Le problème est d'abord politique. Il réside dans la décision de fonder les programmes de développement sur la prise en compte des besoins véritables de la population et sur sa participation à chacune des étapes du processus de développement.

Une fois la décision prise au plus haut niveau et qu'il a été admis que la communication est indispensable pour susciter et accompagner le processus de développement, le domaine d'action de la communication doit être circonscrit et un cadre institutionnel adapté identifié afin de  s'assurer que des dispositifs opérationnels ont été mis en place pour une mise en œuvre efficace.

L’approche doit être systématique. La communication n’est vraiment efficace qu'à partir du moment où elle se situe au cœur des stratégies qui permettent la définition des priorités du développement, la conception des programmes et projets, leur planification, leur mise en œuvre, leur évaluation, ainsi que l'amélioration de la formation à tous les niveaux.

Ensuite, les activités de communication doivent être programmées dans le cadre d'une stratégie globale prenant en compte la recherche, la définition d'objectifs clairs, l'identification des publics, la conception de messages adaptés, le choix des canaux de diffusion, le suivi et la rétro information. Les approches multimédias, qui utilisent de façon combinée différents canaux de communication qui se renforcent mutuellement, donnent de meilleurs résultats. A l'inverse, l'adjonction au dernier moment d'une pseudo «composante communication», qui se limite le plus souvent à une ligne budgétaire destinée à financer la promotion du projet ou à produire quelques auxiliaires audiovisuels, n'est ni efficace ni rentable.

Au total pour intégrer la fonction communication aux programmes de développement, susciter et encourager la participation de la population aux programmes de développement, la communication ne doit en aucun cas être assimilée à de la publicité ou à de la propagande. Il est important pour les décideurs et les planificateurs de bien identifier le rôle et les fonctions spécifiques de la communication pour atteindre les objectifs du développement.

Il est vrai que tout ce qui précède ne peut s’appliquer que sur un terreau de démocratie, la plupart des états africains ayant fait cette option depuis les années 90, comment la communication participe-t-elle au développement des états droits, les pays démocratiques ?

Une vraie démocratie se résume par la trilogie : Liberté- Egalité et Communication.

Dans le contexte des divers changements opérés dans la structure politique mondiale ayant entraîné la montée en puissance de la liberté d’expression, la communication s’impose comme l’instrument efficace permettant d’établir un dialogue et un débat social. Elle n’est pas seulement la liberté d’informer et d’expression, c’est aussi la liberté de discussions égalitaires et contradictoires. Si hier la communication était hiérarchique ou à sens unique ; transmettre  sans possibilité de discussion aujourd’hui c’est débattre. Ce sont des allers-retours. Elle se trouve alors à l’articulation du politique et de l’économique d’une part et du social et du culturel d’autre part, c’est à l’opposé des tuyaux, des profits de la concentration des entreprises, c’est une des conditions centrales de la confiance, ou de la défiance de la société à l’égard de ses dirigeants, une condition substantielle du développement.

Il ne sert plus à rien de développer des tendances mensongères visant à manipuler les masses, tout se sait aujourd’hui dans un monde ouvert. La généralisation des techniques de communication, même si elle est inégalitaire rend le citoyen beaucoup plus exigeant à l’égard de ses dirigeants.

L’information et la communication sont des conditions du développement d’un état de droit. Les citoyens veulent savoir, bénéficier du pluralisme de la presse, pouvoir s’exprimer, critiquer, proposer. Avoir le sentiment que tout ne se fait pas sans eux. L’existence d’un espace public pluraliste est donc indispensable afin que tous les groupes sociaux puissent y accéder. Le temps passé à débattre n’est pas inutile, il est la condition d’un minimum de consensus, sans lequel il n’y pas de mobilisation possible de la société et des pays pour le développement.

La communication et l’information sont devenues importantes avec  la généralisation de la presse, puis de la radio, de la télévision et aujourd’hui d’Internet, tout change et devient plus transparent. Aujourd’hui chacun sait beaucoup plus de chose, ce qui accroît le sens critique. Et tant mieux. Les citoyens sont beaucoup plus informés de ce qui se passe dans leur pays et autour. Le rôle croissant de la confiance et de la communication comme condition d’épanouissement de la démocratie est donc un phénomène qui s’impose à tous les dirigeants épris de paix et de justice. Il n’y a donc pas de développement sans un minimum d’égalité, de démocratie et de confiance mutuelle. Les trois traduisent l’intelligence des peuples.

 

 

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