Accueil La grève d'avertissement du 04 au 06 mars 2013 au Togo

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Le Togo a connu une grève générale dite illimitée de novembre 1992 à juillet 1993 qui a eu des conséquences néfastes sur tous les secteurs de l’économie togolaise. Seuls le commerce informelet l'agriculture vivrière ont permis au pays de tenir débout. Les togolais ne doivent pas oublier les séquelles de cette grève qu’ils continuent de gérer.   Parmi ces séquelles, on peut citer :

 

(i)            La diminution des recettes fiscales : au cours de cette période, le Togo n’a recouvré que 10% de recettes fiscales ;

(ii)           L’accumulation des arriérés envers les fonctionnaires, le secteur privé et le secteur social (Caisse Nationale de Sécurité Sociale, Caisse de Retraites du Togo) ;

(iii)          La dégradation des infrastructures routières urbaines et inter-urbaines ;

(iv)         La dégradation des infrastructures hospitalières et éducatives etc.

Durant les 9 mois de grève, les grévistes n’ont pas été payés. A ce jour, non seulement ils continuent de cotiser pour leur retraite, mais aussi, ils devraient attendre au moins un an après leur retraite avant de commencer à percevoir leur pension de retraite.

On a noté également un important phénomène d’exode rural, le départ de plusieurs togolais à l’étranger facilitant la fuite de cerveaux à l’extérieur. Des togolais ont perdu également leurs vies pour faute de moyens financiers et fermeture des hôpitaux ou soins à minima.

Au cours de cette période, le Produit Intérieur Brut (PIB) a baissé de 20%. On a assisté à un développement des activités du secteur informel. Le secteur financier a reçu un coup dur avec des retraits massifs des dépôts publics et la détérioration de son portefeuille client.

Soucieux du mieux-être des fonctionnaires togolais, et en vue d’améliorer les conditions de vie et de travail des fonctionnaires, le Gouvernement a adopté un nouveau statut de la fonction publique qui a été par la suite voté par l’Assemblée Nationale en janvier 2013. Toutes les centrales syndicales ont été associées à l’élaboration et à l’adoption de ce nouveau texte dont les décrets d’application sont en cours d’élaboration. Au moment où le Gouvernement est en train de chercher les voies et moyens pour répondre aux revendications des travailleurs, la Synergie des Travailleurs Togolais (STT) qui est un syndicat dissident des centrales syndicales vient de lancer un mot d’ordre de grève de 72 heures les 4, 5 et 6 mars 2013.

Ceci à amène à se poser la question de savoir si ces nouvelles revendications de la STT qui ont été déjà prises en compte par le nouveau statut de fonction publique sont-elles justifiées ? Cette  dissidence ne va-t-elle pas affaiblir la capacité de négociation des centrales syndicales ?

Depuis 2005 à ce jour, plusieurs actions ont été mises en œuvre par le Gouvernement afin de revoir les conditions de travail et de vie des fonctionnaires.

(i)            Les arriérés de salaires ont été apurés en intégralité ;

(ii)           La dette intérieure commerciale a été apurée à hauteur de 27, 34 milliards à fin 2011 afin de  relancer l’activité économique ;

(iii)          Toutes les créances compromises des banques à capitaux publics ont été titrisées en 2008 sur un montant total de 32 milliards;

(iv)         La dette sociale est également en train d’être traitée notamment celle envers la Caisse Nationale de Sécurité Sociale et la Caisse de Retraites du Togo ;

(v)          La réhabilitation des infrastructures routières urbaines et inter-urbaines ainsi que les pistes rurales est en cours permettant de diminuer les coûts de transports et l’entretien des engins ;

(vi)         La mise en place de l’Institut National d’Assurance Maladie (INAM) pour tous les fonctionnaires togolais. Une réflexion est en cours afin de l’élargir à d’autres couches sociales ;

(vii)        Les salaires ont été revalorisés depuis 2005 par plusieurs augmentations auxquelles vient s’ajouter le dernier relèvement de la valeur indiciaire ;

(viii)       Le prix du carburant à la pompe est subventionné tous les ans à raison de 40 milliards de FCFA/an.

Ces 4 dernières mesures ont permis de stabiliser ou d’augmenter le pouvoir d’achat du togolais dans un contexte où l’inflation est restée ces dernières années en dessous de 3% par an.

Tout ceci doit amener le togolais à changer de mentalité et à être beaucoup plus patriotique. Le Gouvernement n’a jamais ménagé aucun pour répondre aux revendications des fonctionnaires togolais. Aujourd’hui, il faut reconnaître que les besoins des populations togolaises sont énormes par rapport aux ressources dont dispose l’Etat. Les choix des priorités s’imposent.

Doit-il mettre l’accent sur la consommation aujourd’hui ou investir dans la formation des jeunes, dans les infrastructures etc. pour préparer l’avenir ?

Tous les pays dits aujourd’hui développés ou émergents ont eu à faire à un moment, des choix difficiles sans considérations politiques de court terme.

Le Togo est à la croisée des chemins et ce choix devrait être clairement fait et le faire savoir. Le débat est ouvert.

 

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